Un bilan catastrophique
Intégrant le gouvernement Raffarin en 2002, pour s'atteler à "la lutte contre l'insécurité", Nicolas Sarkozy n'a pas réussi à tenir son engagement.
En démontant la police de proximité et en renforçant les mesures repressives, le candidat de l'UMP n'a pas enrayé les faits de violence. Bien au contraire et les chiffres officiels sont indiscutables : les violences contre les personnes ont augmenté de près de 20% depuis 2002.
Se faisant le garant de l'Etat de Droit, Nicolas Sarkozy s'est employé à passer pour le garant de l'ordre républicain. Là encore, la réalité est cruelle pour le Ministre de l'Intérieur : les bavures policières ont explosé, les condamnations judiciaires contre les services de l'Etat n'ont jamais été aussi nombreuses, les discriminations raciales n'ont pas reculé. Quant à la situation en Corse, le Ministre de l'Intérieur a essuyé un piteux revers avec son référendum...
Ce bilan désastreux s'incline cependant face à ce qui restera le fait majeur du passage de Nicolas Sarkozy au Ministère de l'Intérieur : les événements de novembre 2005 et le mensonge d'Etat qui en est à l'origine.
Nous n'oublions pas que tout, à l'époque, est parti d'un drame : La mort de deux adolescents électrocutés après avoir pénétré dans un transformateur électrique à Clichy-sous-Bois et qui ont été accusés, à tort, par Nicolas Sarkozy d'être les auteurs d'un cambriolage.
Nicolas Sarkozy à l'Intérieur, ce fut aussi d'autres mensonges : sur Sangatte qui ne fut en rien réglé par la fermeture du centre, sur la double peine qui n'a pas été réellement abolie, sur la création du CFCM qui n'a pas eu la légitimité annoncée...
Des libertés publiques attaquées
Au nom de la lutte contre l'insécurité, Nicolas Sarkozy s'est employé à réduire les libertés publiques. Fervent partisan d'un populisme pénal, il n'a pas hésité à remettre en cause le principe de séparation des pouvoirs en critiquant ouvertement les décisions prises par les magistrats.
Et puis, les lois sur l'immigration, sur la sécurité intérieure, sur la prévention de la délinquance ou de lutte contre le terrorisme ont été autant d'occasion pour Nicolas Sarkozy d'imposer un fichage généralisé, de renier le principe du secret professionnel ou de créer de nouveaux délits visant à criminaliser les populations les plus précaires et en particulier les étrangers.
Un pouvoir au service d'une ambition
Incapable d'obtenir des résultats satisfaisants, déterminé à mettre à mal les libertés publiques, Nicolas Sarkozy s'est employé à détourner les moyens de l'Etat au profit de ses intérêts politiques.
Il en fut ainsi de sa pression permanente et de ses menaces explicites sur les médias qui aboutie à la démission du rédacteur en chef de Paris-Match, Alain Genestar, par le fait du prince.
On pourrait aussi citer l'affaire des fiches des Renseignements Généraux, les pressions orchestrées contre notre mouvement RéSo/AntiSarko ou la troublante affaire Clearstream...
Enfin, Nicolas Sarkozy, ministre à tiers-temps (il était aussi président du Conseil général et président de l'UMP) a cultivé une vision très personnelle de "l'Etat modeste". Employant sa femme dans son Ministère, il n'a pas aussi lésiné sur les avantages en nature qui rendent plus confortables le quotidien.
En quittant aujourd'hui ses fonctions gouvernementales, Nicolas Sarkozy entend reprendre sa liberté. Nous ferons en sorte qu'il n'oublie pas son bilan en route... C'est certainement un des meilleurs instruments à notre disposition pour le battre !

